Dylan Corlay, dirigera le concert Quer Bach au festival EverySing!#6

12 janvier 2016

DYLAN

DYLAN

Depuis qu’il a remporté le premier Prix du 6e Concours international de direction d'orchestre Jorma Panula, en Finlande, Dylan Corlay, le jeune chef tourangeau de 31 ans est HEUREUX.

Avant, il fallait que je me démène pour monter des projets. Maintenant…on m’appelle, on me fait des propositions. C’est le début de quelque chose de neuf. Je vais prendre un agent, à Londres, car c’est là que tout se passe en ce qui concerne la direction“.
Depuis juin, il est chef assistant de l’Ensemble intercontemporain, créé par Pierre Boulez à Paris, et depuis décembre, il est sollicité par de nombreux orchestres : L’Orchestre de Paris, L’Orchestre Philharmonique de Radio France, le Festival Acanthe, L’Orchestre national des Pays de Loire, L’Orchestre de Vaasa en Finlande…

Chef d’orchestre, titulaire d’un CA de basson, soundpainteur, chanteur, compositeur, Dylan Corlay déborde d’énergie, d’envies et de passions. Il aime tout, déteste le moit/moit, mélange les styles, les genres, les expressions artistiques, les publics. Une fraîcheur incroyable se dégage de ce grand jeune chef qui adore prendre des avions et parcourir le monde. “Le seul bémol, c’est que c’est un métier de solitaire...”

Il commence ses gammes en Bretagne, à Vitray, poursuit en CHAM à Nantes, puis Tours et Dijon en basson, écriture et direction. Il est admis en 2005 au CNSM de Paris pendant 9 ans en classe de basson, impro et direction. “Le CNSM n’est pas une finalité. Il faut se créer un réseau et savoir s’en servir“.

Dylan dirige depuis trois ans l’orchestre symphonique et harmonique du CRR de Tours. “Le travail avec les enfants est une bonne école. L’enseignement est très important, on forme la prochaine génération de musiciens et on re-apprend la fraîcheur d’un premier contact avec une partition. Le rapport maître/élève est un échange. Ils découvrent, posent des questions, font parfois des propositions. Même si quelquefois, je me surprends à dire “il faut que tu fasses comme moi”,  je ne veux surtout pas faire de mes élèves un troupeau de moutons ou une armée de techniciens“.

Pour Dylan Corlay, être un chef, rêver d’être un grand chef, c’est avoir la modestie de monter les marches progressivement. Pas question pour lui de se précipiter. Évoluer sainement, dans l’art de la direction, rester en accord avec soi-même dans la manière de penser la musique. “Mon rêve ? Diriger West Side Story aux Etats Unis ! J’admire beaucoup Bernstein, il marque un tournant dans l’histoire de la musique.”

La direction, selon Dylan, s’apparente à la psychologie, du management, du charisme, de la communication non verbale. “Il faut trouver comment relier l'orchestre à nous, par le geste. Se poser la question de savoir ce que l’on peut apporter, soi, alors que la pièce que l’on a devant les yeux a peut-être été jouée 50 fois par les musiciens. L’époque des chefs dictateurs est révolue : ça ne marche plus.”

Plaire, ce n’est pas compliqué, il suffit de faire le Requiem de Mozart. Ce qui est intéressant, c’est d’aller dans le sens du public et de le décaler. “J’aime toucher, même si c’est pour voir le public sortir. Déranger, c’est déjà ça !”

Comme ce fut le cas pour Scènes de mains, un spectacle conçu et réalisé dans le cadre de l'appel à projets « Les Innovatoires » lancé en 2006 par le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP).
Fondé sur le mélange des arts et l'association du public, Scènes de Mains convoque pendant, près d'une heure vingt, musique, danse, narration, peinture et dessin autour d'un thème unique. L'ensemble du dispositif scénique, et en particulier l'importance accordée aux lumières, met en valeur les mains, en tant qu'outil commun indispensable à l'expression de tous les artistes …

J’utilise le soundpainting essentiellement à des fins pédagogiques, pour amener les artistes vers l’improvisation. L’improvisation est essentielle dans mon parcours, c’est une manière de penser,  d’interroger la musique. Le chef et le soundpainteur ont des missions très différentes. J’ai suivi une formation intensive de théâtre, mime, danse : trois approches différentes de la scène et de l’espace. Je me suis trouvé avec des artistes non musiciens, qui parlent avec leur corps. La direction, finalement, c’est une chorégraphie qui produit un son !”
La voix est aussi un domaine qui lui tient à cœur. Il a dirigé en décembre 2015, en partenariat avec le CEPRAVOI, le Requiem interprété par des chœurs amateurs et l’Ensemble Orchestral du Loir et Cher. “C’est une super expérience, une énergie et un investissement de fou!

Comédie, chant, danse, mime, soundpainting, composition, il semblerait que Dylan se joue du rôle de chef, le place et le déplace à l’infini pour interroger tous les ressentis possibles. “La composition et la direction sont indissociables. Lorsqu’on écrit, lorsqu’on connaît la galère de la feuille blanche, on comprend le pourquoi de la musique.”

Lorsqu’il a découvert les SLIXS, l’ensemble vocal avec lequel il va partager la scène au festival EverySing!, Dylan a immédiatement apprécié la qualité vocale et musicale de l’ensemble, mais surtout compris qu’ils parlaient le même langage que lui, qu’ils allaient dans le même sens. Le spectacle Autour de Bach, qui va mettre en relation les danseurs du CRR, les musiciens de l’orchestre du CRR et le groupe Slixs, va permettre de détourner les concepts traditionnels du concert. “J’aime casser le 4e mur, celui qui sépare la scène du public. L’artiste peut et doit investir l'espace du public. J’aime ce genre de projet car les musiciens classiques du CRR sont très fermés. Les musiciens en général d’ailleurs sont les derniers à explorer de nouvelles formes artistiques. J’aime les spectacles qui bousculent, j’aime la scène, les lumières. je ne pourrais jamais être un musicien dans la fosse.”